Quelques pièges à éviter sur le plan émotionnel et sur la santé.

Les premières années d’existence d’une entreprise demandent beaucoup d’énergie … De l’idée et plan d’entreprise à la stabilisation de l’activité, il semble que la grande majorité d’entre nous passe par une zone d’apprentissage très exigeante, dans laquelle il faut développer ses capacités pour vendre, gérer les relations clients, mettre en place une stratégie publicitaire, gérer la communication sur les réseaux sociaux… Il y a non seulement « toujours quelque chose à faire », mais également à anticiper, calculer, créer, analyser, et, s’il est bien connu que les trois premières sont les plus dures, ce n’est qu’en y étant plongé que l’on se rend compte de l’intensité de l’exigence. Pour certain(e)s, c’est d’une réelle endurance émotionnelle, corporelle et mentale dont il faut faire preuve, alors que l’entrepreneuriat nous tend sournoisement quelques pièges dans lesquelles il est facile de tomber…

 

Ne pas se reposer.

 Trop souvent négligés ou passés au passés en second plan, les moments de repos sont au contraire l’une des clés de notre bien-être et de notre efficience. Pour illustrer cette idée : « Il était une fois un jeune homme qui arriva dans un campement de bûcherons à la recherche d’un travail. Le premier jour, il travailla très dur et coupa beaucoup d’arbres.

Le deuxième jour, il travailla tout autant que le premier mais il ne put accomplir guère plus de la moitié de ce qu’il avait fait le premier jour. Le troisième jour, il décida d’améliorer sa performance. Il s’attaqua furieusement aux arbres avec sa hache mais ce fut en vain.

Le chef d’équipe, après avoir constaté les résultats du travail du jeune bûcheron lui demanda : “ Quand fut la dernière fois que tu as pensé à aiguiser ta hache ? ”

Le jeune homme répondit, “Je n’ai pas eu le temps de le faire, j’étais trop occupé à couper des arbres. » », (Stephen Covey, « Les 7 habitudes des gens les plus efficaces »).

 

Ça vous dit quelque chose ?

 

Oublier d’« être dans l’être »

Une croyance répandue (consciente ou pas) : « plus j’en fais, plus mon business avancera vite ». Faux. L’un des gros pièges est de se situer dans l’action permanente, d’être « dans le faire », sans prendre le temps de s’arrêter en chemin, s’élever pour contempler, rediriger ou tout simplement célébrer les avancées.  « Être dans l’être » est cet état dans lequel nous prenons le temps de sentir, de ressentir, de respirer, de profiter du moment présent. Un état dans lequel nous donnons une grande valeur aux petites joies simples du quotidien, où l’on prend soin de nous-même, où nous prenons le temps de nous relaxer… Mais aussi de connecter avec notre intuition, notre vision en tant qu’entrepreneur pour diriger/rediriger le projet, réajuster les plans d’action, vérifier son « impact écologique », « écologie » entendue ici dans un sens large, mesurant l’impact du projet sur la société, sur la qualité de vie en général et des relations avec les proches.

 

 

Confondre « donner du sens à sa vie » et « être le sens de sa vie »

Un projet d’entreprise est souvent lié à une création personnelle, à une passion, et l’expression « ça nous tient à cœur » est métaphoriquement très proche de la réalité émotionnelle de la personne qui développe son projet. Entre désir de réussir et peur de ne pas y arriver, l’entrepreneur expérimente régulièrement la sensation d’être dans un grand huit émotionnel, dans lequel il est facile de perdre de vue la distinction entre le fait que le projet « donne du sens à la vie » mais qu’il n’est pas « le sens de la vie ». Il est un phénomène de plus en plus fréquent appelé « addiction au travail », dans lequel les comportements de l’individu sont dictés par le travail en dépit de la vie personnelle. Parmi les symptômes : troubles du sommeil, grosses journées, pas ou peu de « vrai » repos, pensées constantes liées au travail, réduction des relations sociales et familiales en quantité et qualité.

 

 

Prendre les moments de frustration, d’abandon ou de relâchement comme des échecs.

Même s’ils n’en ont pas l’air, ces moments font partie intégrante du processus créatif. C’est ce que nous explique Jonah Lehrer dans son livre « Imaginar : cómo funciona la creatividad ». Après l’étude active/obsessive/acharnée de la problématique que pose l’entreprise et qui reste sans solution, l’esprit sature littéralement, donnant lieu une sensation d’impuissance, de frustration conduisant parfois même à l’abandon. Et c’est justement le fait d’abandonner qui est bon : l’esprit se relâche et dispose de la place nécessaire pour créer de nouvelles connections. C’est le fameux phénomène « Eureka ! », l’ampoule qui s’allume au-dessus de notre tête, l’apparition soudaine de la solution sous la douche… Dans la vie privée comme dans l’entreprenariat, « ne rien faire » devient de plus en plus indispensable pour pouvoir générer ces moments de créativité, un changement de paradigme pour certains pas si facile à réaliser.

 

 

Négliger le corps.

Non, le stress ne fait pas forcément partie du pack « entreprenariat ». Oui, il est possible de travailler sans stresser, ou du moins dans une juste quantité. De plus en plus d’entrepreneurs aujourd’hui prennent conscience de l’importance de ne pas négliger la santé, l’époque du sacrifice au nom du travail est en train de se terminer, laissant place à un entrepreneuriat conscient et responsable quant à la santé. Il ne s’agit plus vraiment de questionner « ce que nous faisons », mais bien plus de « comment nous le faisons », c’est-à-dire observer l’état mental, émotionnel et corporel depuis lequel nous travaillons, ou ce qu’on appelle plus communément « être connecté avec soi-même ». Si le stress prolongé a des effets dévastateurs sur le corps, le stress modéré favorise au contraire efficience et motivation, encore s’agit-il de se connaître suffisamment pour détecter la limite.

 

 

L’entreprenariat exige et continuera d’exiger, mais l’entrepreneur change.

 S’il est vrai qu’un projet d’entreprise porte en lui sens et sentiment de réalisation, il ne s’agit plus de s’investir à tout prix en risquant d’y perdre bien-être et santé. L’humain est sans aucun doute la valeur première d’une entreprise, et l’intelligence émotionnelle la compétence première à développer pour faire face à ses nombreux défis. Plus que jamais, se connaître soi-même ; nos qualités, no limites ; réserver du temps pour « être », pour se reposer ; prendre soin de son alimentation ; avoir une activité physique régulière et méditer, loin d’être des « pertes de temps », sont au contraire partie intégrante d’un entreprenariat sain : mentalement, émotionnellement, corporellement et socialement parlant.

 

 

Article offert par Christèle Pierrot – Liderarme Coaching

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